Combien mettre de côté chaque mois ?
Le pourcentage exact à provisionner à chaque encaissement selon votre activité, ce qu'il faut ajouter quand on n'a pas le versement libératoire, et les quatre erreurs qui mettent les indépendants en difficulté.
La règle en une ligne
À chaque encaissement, mettez immédiatement de côté le pourcentage correspondant à votre activité, sur un compte séparé auquel vous ne touchez pas. C'est tout. Cette discipline sépare les indépendants sereins de ceux qui redoutent chaque échéance.
Le montant à provisionner dépend de deux choses : votre type d'activité, qui détermine le taux de cotisations, et votre mode d'imposition, qui détermine si l'impôt est prélevé au fil de l'eau ou réclamé plus tard.
Les pourcentages à provisionner
Voici les taux à appliquer à chaque euro encaissé. La colonne « avec versement libératoire » inclut l'impôt, puisqu'il est prélevé en même temps que les cotisations. La colonne « sans » ne couvre que les cotisations : il faudra provisionner l'impôt en plus.
| Activité | Avec versement libératoire | Sans versement libératoire |
|---|---|---|
| Vente de marchandises | 13,4 % | 12,4 % + impôt |
| Prestations de services BIC (artisan) | 23,4 % | 21,7 % + impôt |
| Libéral BNC | 28,0 % | 25,8 % + impôt |
| Libéral CIPAV | 25,6 % | 23,4 % + impôt |
Le cas le plus risqué : sans versement libératoire
Si vous n'avez pas opté pour le versement libératoire, l'URSSAF ne prélève que vos cotisations sociales. L'impôt sur le revenu, lui, arrive séparément — souvent avec un an de décalage la première année, via le prélèvement à la source ajusté ou un solde à payer.
C'est le scénario qui met le plus d'indépendants en difficulté : une première année confortable, puis une régularisation fiscale qui tombe alors que l'argent a été dépensé. La parade consiste à provisionner l'impôt en même temps que les cotisations, même si personne ne vous le réclame encore.
Une règle prudente pour un libéral BNC sans autre revenu : provisionner 30 % du chiffre d'affaires couvre confortablement cotisations et impôt jusqu'à des revenus significatifs. Mieux vaut trop provisionner et se verser un complément en fin d'année que l'inverse.
Exemple sur une année complète
Un consultant en BNC facture 3 000 € par mois, soit 36 000 € sur l'année, sans versement libératoire, célibataire avec une part fiscale et aucun autre revenu.
| Poste | Sur l’année | Par mois |
|---|---|---|
| Chiffre d’affaires encaissé | 36 000 € | 3 000 € |
| Cotisations URSSAF (25,6 %) | 9 216 € | 768 € |
| Formation professionnelle (0,2 %) | 72 € | 6 € |
| Impôt sur le revenu estimé | ≈ 1 046 € | ≈ 87 € |
| Total à provisionner | ≈ 10 334 € | ≈ 861 € |
| Revenu net réel | ≈ 25 666 € | ≈ 2 139 € |
Les quatre erreurs qui coûtent cher
Elles reviennent systématiquement dans les témoignages d'indépendants en difficulté de trésorerie, et elles sont toutes évitables.
- Confondre chiffre d'affaires et revenu. Voir 3 000 € arriver sur son compte et raisonner comme si c'était un salaire de 3 000 €. Il n'en reste que 2 139 €.
- Provisionner sur le même compte. L'argent mis de côté doit être physiquement séparé, sinon il finit dépensé. Un simple second compte suffit — et il devient obligatoire au-delà de 10 000 € de CA deux années de suite.
- Oublier l'impôt quand on n'a pas le versement libératoire. C'est le poste le plus souvent négligé, et celui qui arrive le plus tard.
- Ne pas anticiper la fin de l'ACRE. Les cotisations doublent du jour au lendemain : si vous provisionnez au taux réduit pendant l'exonération, la transition sera brutale. Provisionnez au taux plein dès le départ et considérez l'économie comme une réserve.
Automatiser plutôt que discipliner
La volonté ne suffit pas sur douze mois. Ce qui fonctionne durablement, c'est de rendre la provision automatique : un virement programmé vers un compte d'épargne dès chaque encaissement, ou un suivi qui affiche en permanence le montant à ne pas toucher.
MicroPilote calcule cette provision à chaque saisie d'encaissement et affiche le montant exact à mettre de côté, en tenant compte de votre activité, de votre mode d'imposition et de votre situation ACRE. C'est une réponse à une question simple, mais que la plupart des indépendants n'ont jamais posée précisément.
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Informations données à titre indicatif, à jour du barème 2026. Elles ne constituent pas un conseil fiscal et ne remplacent ni l'URSSAF, ni l'administration fiscale, ni un expert-comptable. Guide publié par HEXAIT, éditeur de MicroPilote.
